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Maladie rare, l'algodystrophie ou algoneurodystrophie, ou encore syndrome régional douloureux complexe (SRDC), concerne néanmoins 4 000 nouveaux cas par an en France et 15 000 malades.

Caractérisée par des syndromes douloureux liés à des troubles vasomoteurs, elle reste un défi à traiter et à soulager même si on en comprend peu à peu les mécanismes. Faisons le point.

Qu'est-ce que l'algodystrophie ?

Description de la maladie

L'algodystrophie est une maladie osseuse combinée à des perturbations vasomotrices. Elle se manifeste au niveau des articulations et des zones autour des articulations : main, épaule, coude, genou, hanche, cheville.

On la caractérise en 2 formes :

  • L'algodystrophie de type 1 : c'est la forme la plus fréquente. Elle apparaît le plus souvent suite à un traumatisme. On ne retrouve aucune lésion nerveuse. Par contre, on constate le plus souvent des douleurs sur des zones importantes, des troubles de la circulation (œdème, chaleur…), une décalcification des os et des rougeurs de la peau.
  • L'algodystrophie de type 2 : elle apparaît également le plus souvent après un traumatisme. Les nerfs sont touchés localement et les tissus dépendant de ces nerfs sont hypersensibles.

Évolution de l'algodystrophie

L'algodystrophie peut disparaître d'elle-même au bout de 6 mois à 2 ans.

Il existe également des évolutions où des séquelles persistent. Celles-ci peuvent être invalidantes : douleurs, rétractations des tendons, etc.

Diagnostics différentiels

En effet, plusieurs autres maladies peuvent évoquer les symptômes cités précédemment :

Causes et symptômes de l'algodystrophie

Algodystrophie : différentes causes

On peut citer comme causes reconnues :

  • des traumatismes tels qu'une entorse, une opération orthopédique, une fracture, une luxation… dans 60 % des cas ;
  • des causes neurologiques (zona, hémiplégie, tumeurs cérébrales…) ;
  • des troubles vasculaires ;
  • des malformations ;
  • des infections ;
  • les grossesses ;
  • un dérèglement du système nerveux sympathique (en charge des activités inconscientes).

Par ailleurs, certaines pathologies sont reconnues comme étant un facteur de risque de développer une algodystrophie :

  • un infarctus du myocarde ;
  • des thyroïdites (maladies de la thyroïde) ;
  • des maladies des poumons et de la plèvre ;
  • des facteurs génétiques ;
  • le tabagisme ;
  • le stress ;
  • des périartérites noueuses...

Symptômes de la maladie

Les symptômes regroupent tout d'abord des douleurs disproportionnées et des troubles vasomoteurs. Ils s'installent le plus souvent suivant la progression suivante :

  • La première phase est dite "chaude". Elle évolue pendant quelques semaines à 6 mois. Elle est caractérisée par une douleur permanente aggravée à la mobilisation de la zone touchée et pendant la nuit. C'est une phase inflammatoire avec un œdème très douloureux et une peau lisse, brillante et chaude. Il y a souvent une sudation excessive. On parle alors de" vasodilatation".
  • La seconde phase est dite "froide". Elle n'a pas de durée réellement établie. Elle est caractérisée par la zone touchée qui devient froide, pâle et lisse. L’œdème disparaît peu à peu puis, poils et ongles s'abîment et tombent. On parle de "vasoconstriction".

L'algodystrophie présente des articulations raidies, des os qui se déminéralisent. On observe la rétractation des tendons et de la peau (fibrose), une fonte musculaire.

Ainsi, en dehors de ces deux phases, les symptômes présents sont très divers :

  • une douleur intense ;
  • un gonflement de la région affectée ;
  • une sensibilité de la peau au toucher ;
  • des changements dans la texture, la température ou la couleur de la peau ;
  • des ongles épais et cassants ;
  • une augmentation de la sudation ;
  • des changements de pilosité ;
  • une raideur, un gonflement puis une détérioration des articulations ;
  • des spasmes, une faiblesse, une contracture et une atrophie musculaire ;
  • une perte de mobilité de la région affectée.

Prise en charge de l'algodystrophie

Différents examens

Poser le diagnostic d'algodystrophie passe notamment par la prescription de différents examens et l'étude de leurs résultats :

  • le bilan sanguin peut être normal ;
  • une ostéodensitométrie montre des atteintes osseuses caractéristiques ;
  • une scintigraphie osseuse met en évidence très tôt les atteintes osseuses et montre l'excès de vascularisation du côté atteint ;
  • une radiographie, comparée avec le côté non atteint, montre une légère déminéralisation.

Algodystrophie : prévention

S'il n'existe pas réellement de moyens pour prévenir l'algodystrophie, il est possible de prendre quelques précautions :

  • mobiliser rapidement les membres touchés après une fracture ou une immobilisation ;
  • prescrire de la vitamine C avant une intervention chirurgicale.

Traitements médicamenteux de l'algodystrophie

Il n'existe pas de traitement spécifique de l'algodystrophie. On traitera la douleur et on cherchera à maintenir une bonne mobilisation.

Les moyens possibles sont :

  • La combinaison de médicaments contre la douleur (AINS, corticostéroïdes, antidépresseurs tricycliques, injections de toxines botuliques, opioïdes, des crèmes anesthésiantes) et d'autres pour maintenir la densité osseuse : calcitonine (hormone favorisant le stockage de calcium dans les os et donc la reminéralisation) et biphosphonates.
  • Des thérapies manuelles pour ralentir la progression de la maladie et conserver des articulations mobiles : kinésithérapie, balnéothérapie, ergothérapie.
  • La mise en place d'une psychothérapie, l'algodystrophie étant particulièrement difficile à supporter psychologiquement.

Diagnostiquer une algodystrophie est malaisé. Cette maladie, douloureuse, enraidissante, est longue à traiter et laisse parfois des séquelles invalidantes. Le traitement qui combine à la fois médicaments et thérapies manuelles douces (kinésithérapie délicate) sera plus efficace s'il est entrepris précocement et si l'entourage du patient le soutient (seule la mise en place d’une thérapie globale pourra vous donner de 90 à 95 % de bons résultats).

Il reste donc encore des défis pour les scientifiques, notamment mieux comprendre les causes de l'algodystrophie qui sont encore trop souvent obscures.

Traitements naturels de l'algodystrophie

Il ne faut pas négliger les approches naturelles qui peuvent être extrêmement efficaces pour lutter contre l'algodystrophie. Si l'ostéopathie (qui va agir sur les zones vertébrales qui régissent la circulation dans les membres) ou encore l'acupuncture (qui va relancer l'énergie du rein) peuvent être intéressantes, vous pouvez également réaliser trois séances d’ionisation par semaine, pour un effet antalgique et vasodilatateur.

Vous pouvez également avoir recours sans modération à l'argile blanche. Sous forme de cataplasmes appliqués tièdes ou chauds deux heures par jour, elle se révélera très efficace pour soulager les douleurs.

Par ailleurs, en homéopathie, plusieurs remèdes sont à privilégier en fonction des caractéristiques de l'algodystrophie :

  • En phase inflammatoire (à raison de 5 granules de chaque, en 7 CH, de deux à six fois par jour pendant une semaine jusqu’à l'amélioration des symptômes) :
    • Belladona pour calmer les articulations rouges, chaudes et douloureuses, c'est-à-dire en cas d'inflammation aiguë et de douleur d'apparition brutale.
    • Bryonia alba pour des articulations rouges (mais moins que précédemment), gonflées et chaudes accompagnées de douleurs lancinantes et aggravées par le mouvement et le toucher.
    • Arnica montana si la douleur survient après un traumatisme (douleur proche de celle ressentie en cas de courbature) et qu'elle est aggravée au moindre contact.
    • Ferrum phosphoricum en cas de douleur articulaire aiguë, avec rougeur et gonflement, aggravée au mouvement.
  • En phase froide (à raison de 5 granules de chaque deux fois par jour pendant plusieurs mois) :
    • Calcarea phosphorica en 4 CH en cas de douleurs osseuses et articulaires (notamment dans le cadre d'un défaut de consolidation d'une fracture), d'engourdissements, de fourmillements, de sensation de froid et aggravés la nuit ou en cas de changement de temps,
    • Symphytum en 4 CH en cas de traumatisme des os et du périoste avec des douleurs vives qui persistent après une fracture,
    • Rhus toxicodendron en 7 CH si vous ressentez des douleurs déchirantes des tendons et des ligaments avec une raideur matinale et au repos et qui s'aggrave aux premiers mouvements (ou au froid) avant de s'améliorer par la suite (les douleurs nocturnes obligent à changer de position),
    • Hypericum perforatum en 30 CH en cas d'atteinte d'une terminaison nerveuse avec des douleurs lancinantes et des élancements atroces irradiant vers la racine du membre,
    • Lachesis en 5 CH en cas d’œdème violacé, de douleur aggravée par la chaleur mais soulagée par le froid.

Pour en savoir plus :