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Décrite par le docteur Charcot à la fin du XIXe siècle, la sclérose latérale amyotrophie (SLA), aussi appelée « maladie de Charcot » ou « maladie de Lou-Gehrig », est une maladie neurodégénérative. La troisième, en terme de fréquence, derrière les maladies d'Alzheimer et de Parkinson.

Cette maladie rare, qui touche près de 1 000 nouveaux cas en France chaque année, est surtout connue du grand public à travers les collectes de fonds médiatisées telles que l'Ice Bucket Challenge ou encore les personnalités qui en sont atteintes comme Stephen Hawking, célèbre astrophysicien. Maladie complexe, la SLA mérite quelques éclaircissements sur les connaissances actuelles.

Qu'est-ce que la maladie de Charcot ?

Définition de cette maladie

La sclérose latérale amyotrophique est une maladie qui touche les motoneurones : les neurones commandant les muscles moteurs dégénèrent puis meurent, entraînant l'arrêt des messages envoyés par les neurones aux muscles. Ces derniers s'affaiblissent petit à petit et dépérissent jusqu'à l'atrophie.

Ainsi, au fur et à mesure de l'évolution de la maladie, le langage, la marche, les mouvements des mains, la déglutition deviennent de plus en plus difficiles jusqu'à ne plus pouvoir être possibles. Dans les derniers temps, la respiration autonome n'est plus possible.

Différentes formes de sclérose latérale amyotrophique

La SLA présente deux formes différentes :

  • la forme « spinale », qui a la caractéristique de débuter dans les membres inférieurs ou supérieurs (jambes, pieds, mains, bras) et représente environ 2/3 des cas ;
  • la forme « bulbaire », qui touche d'abord ce qui se rapporte à la bouche avec des difficultés d'articulation, de mastication et de mobilisation des muscles du visage et de la gorge.

Ces deux formes finissent par progresser vers une forme complète de la maladie : spinale et bulbaire.

Maladie de Charcot : quelles sont les causes ?

Hérédité ou pas ?

Les cas de maladie de Charcot se répartissent de la façon suivante :

  • Dans 90 à 95 % des cas, il s'agit d'une forme sporadique, c'est-à-dire qui se manifeste au hasard.
  • Dans 5 à 10 % des cas, il s'agit d'une forme héréditaire ou familiale.

À l'intérieur de cette forme héréditaire, il existe également une subdivision :

  • Dans 20 % des cas, il s'agit d'un défaut résultant d'une mutation d'une enzyme spécifique appelée SOD (puissant anti-oxydant protégeant le corps des dommages causés par les radicaux libres).
  • Les autres formes génétiques peuvent être en rapport avec différentes mutations de gènes divers (ALS2, SPG20, UBQL2, etc.).

Causes de la SLA

Les causes de la maladie de Charcot ne sont pas connues. Pour autant, de nombreuses pistes ont été envisagées et font l'objet d'études scientifiques. On peut citer :

  • les facteurs environnementaux, tels que l'exposition à des pesticides, à différents agents infectieux, etc. ;
  • le glutamate : en effet, ce messager chimique du cerveau, lorsqu'il est présent à des taux élevés, pourrait être à l'origine du développement de la maladie de Charcot ;
  • des réponses auto-immunes : lorsque les cellules immunitaires se « retournent » contre les cellules normales du corps ;
  • le rôle de carences alimentaires ;
  • la conséquence de traumatismes physiques sévères ;
  • l'existence de gènes de susceptibilité ;
  • une dérégulation cellulaire de la gestion du stress oxydatif ;
  • une dérégulation des mécanismes de mort cellulaire ;
  • l'action déréglée des systèmes immunitaires ;
  • la réactivation de l'ADN viral.

Symptômes de la maladie de Charcot

Quels sont les symptômes cliniques de la SLA ?

Les tout premiers symptômes à apparaître peuvent être assez subtils et empêcher la pose d'un diagnostic de façon précoce.

On répertorie les symptômes suivants, classiques dans un premier temps :

  • contractions musculaires ;
  • crampes ;
  • raideurs musculaires ;
  • faiblesses musculaires ;
  • troubles de l'élocution, de la mastication, de la salivation ;
  • réflexes exagérés.

La maladie de Charcot se caractérise par l'apparition d'une faiblesse musculaire qui va en augmentant jusqu'à l'atrophie.

En dernier lieu, tous les muscles volontaires sont touchés et le patient ne peut plus mobiliser ses bras, ses jambes ou son corps, ni même les muscles du visage et de la langue.

Enfin, la capacité à respirer disparaît et l'assistance respiratoire devient indispensable.

Particularités de la SLA

La SLA présente des particularités dont il faut tenir compte :

  • Elle frappe les individus entre 40 et 60 ans en majorité, mais les personnes plus ou moins âgées peuvent également la développer.
  • Les hommes sont légèrement plus touchés que les femmes : 1,5 homme pour 1 femme.
  • Géographiquement, le monde entier est touché de la même façon mais on constate une surreprésentation dans le Pacifique ouest.
  • Il existe des facteurs aggravants de la SLA : la grossesse, le stress émotionnel extrême.
  • Cette atrophie musculaire entraîne une moindre résistance aux virus, comme ceux entraînant la pneumonie, ce qui peut précipiter le recours à une assistance respiratoire.

Maladie de Charcot : évolution et traitement

Dans 50 % des cas, les patients atteints de SLA meurent d'insuffisance respiratoire dans les 3 à 5 ans suivant l'apparition des premiers symptômes.

Dans 10 % des cas, ils survivent au plus une dizaine d'années.

Pose du diagnostic

Il n'existe pas de test spécifique à la SLA. Aussi, le diagnostic repose essentiellement sur l'évaluation des symptômes et des signes cliniques.

Pour exclure d'autres maladies, différents outils peuvent être utilisés :

  • l'électromyographie (EMG), qui détecte l'activité des muscles ;
  • l'imagerie par résonance magnétique (IRM), pour obtenir des images détaillées du cerveau et de la moelle épinière et mettre en évidence d'autres maladies ;
  • la vitesse de conduction nerveuse (VCN), pour éliminer les diagnostics de neuropathie périphérique ou de myopathie ;
  • les examens sanguins et d'urine.

Diagnostics différentiels

D'autres maladies peuvent avoir les mêmes symptômes que la SLA dans un premier temps :

  • les troubles neurologiques (sclérose en plaques, amyotrophie spinale, etc.) ;
  • les maladies infectieuses (VIH, maladie de Lyme, etc.) ;
  • les myopathies ;
  • la neuropathie périphérique.

Traitement de la maladie de Charcot

Il n'existe pas de traitement curatif de la maladie de Charcot.

Il existe en revanche un traitement qui permet de ralentir l'évolution de la maladie : le riluzole. Celui-ci intervient en diminuant la libération du glutamate dont un taux excessif peut signer une sclérose latérale amyotrophique.

Beaucoup d'autres traitements sont à l'étude actuellement, comme la thérapie génique notamment.

Ainsi, le traitement est surtout symptomatique pour apporter un maximum de confort au patient, notamment pour réduire la fatigue, soulager les crampes, les troubles digestifs, etc.

On peut proposer :

  • de la kinésithérapie ;
  • de la physiothérapie ;
  • de l'ergothérapie ;
  • de l’orthophonie ;
  • une assistance respiratoire…

Maladie dégénérative à évolution rapide et presque toujours mortelle, la SLA fait l'objet de nombreuses recherches scientifiques à l'heure actuelle pour en préciser les causes qui restent inconnues et pour lui trouver un traitement curatif.

On peut citer parmi les pistes de recherche sur les médicaments : Tirasemtiv, AntiNogo A, VEGF, les traitements par cellules souches (Nature Biotechnology, 2014), la recherche sur la modification de l'action du système immunitaire.

Pour approfondir le sujet :