Accident Ischémique Transitoire (AIT)

Sommaire

Chaque année, quelques 40 000 personnes en France sont touchées par un Accident Ischémique Transitoire (AIT). Cet accident vasculaire touche plus fréquemment les hommes et sa fréquence augmente avec l'âge (il survient dans 75 % des cas au-delà de 65 ans). De plus, il précède, dans 10 % des cas, un Accident Vasculaire Cérébral (AVC) dans les 7 jours qui suivent.

C'est pourquoi il est important de ne pas le minimiser et de connaître les symptômes afin de bien réagir.

Le point maintenant.

AIT : quelques définitions

Rappels de vocabulaire

  • Ischémie : une ischémie désigne une diminution de l'apport sanguin et d'oxygène aux cellules.
  • L'accident vasculaire était classiquement défini comme suit : « déficit neurologique ou rétinien de survenue brutale, d'origine ischémique, correspondant à une systémisation vasculaire cérébrale ou oculaire et dont les symptômes régressent totalement en moins de 24 heures ». Depuis 2004, la Haute Autorité de Santé retient la définition suivante, plus proche de la pratique : « épisode bref de dysfonction neurologique dû à une ischémie focale cérébrale ou rétinienne dont les symptômes cliniques durent typiquement moins d'une heure, sans preuve d'infarctus aigu ».

Qu'est-ce qu'un AIT ?

Finalement, on peut retenir qu'un AIT est un mini-AVC : pendant un instant bref, la circulation sanguine du cerveau est stoppée et cette ischémie provoque différents symptômes qui régressent totalement.

Pour autant, un AIT peut être annonciateur d'un AVC à 7 jours dans environ 30 % des cas. Aussi, il ne faut pas ignorer les différents symptômes et se rendre d'urgence à l'hôpital pour y être pris en charge.

Causes d'un Accident Ischémique Transitoire

Trois causes principales conduisent à l'interruption sanguine dans les artères cérébrales :

  • l'athérosclérose (80 % des cas) : ces plaques de cholestérol agglutinées dans les veines et les artères, conduisent à ce qu'un caillot bouche temporairement l'artère ;
  • une artériopathie cérébrale, qui peut entraîner la rupture de l'artère cérébrale ;
  • des pathologies cardiaques (embolies, troubles du rythme), qui débouchent parfois sur une ischémie.

On retrouve d'autres causes possibles : chute tensionnelle grave, cancers, troubles de la coagulation, dissection des artères cervicales et intracrâniennes…

Enfin, dans un certain nombre de cas, on ne retrouve aucune cause.

Symptômes de l'AIT

Les troubles ressentis lors d'un AIT sont très variables tant dans leur expression que dans leur intensité. Ils peuvent être moteurs, sensitifs, visuels ou concerner le langage :

  • hémiparésie (diminution de la force musculaire d'un membre pendant quelques minutes) ;
  • troubles sensitifs unilatéraux ;
  • fourmillements, engourdissements… ;
  • cécité monoculaire transitoire ;
  • troubles de l'articulation, perte de la parole, utilisation d'un langage incompréhensible ;
  • troubles de l'équilibre sans vertiges.

Il arrive que l'artère reste bouchée et que les symptômes disparaissent pourtant : le cerveau a su s'adapter très vite à cette nouvelle situation.

Tous ces symptômes doivent conduire à consulter en urgence : il faut confirmer le diagnostic ou l'infirmer et enclencher un traitement.

Accident Ischémique Transitoire : facteurs de risque

Outre l'âge, plusieurs facteurs peuvent être à l'origine d'un accident ischémique transitoire. Ce sont les mêmes que pour l'accident vasculaire cérébral :

  • l'hypertension artérielle est le plus important d'entre-eux ;
  • le tabac ;
  • le cholestérol ;
  • le surpoids ;
  • les cardiopathies ;
  • le diabète ;
  • l'alcool ;
  • les hormones : les contraceptifs oraux ont montré qu'ils participaient à l'élévation du risque d'AIT ou AIC.

Diagnostic et traitement de l'AIT

Diagnostic

Une suspicion d'accident ischémique transitoire doit conduire, d'urgence, à la confirmation du diagnostic.

On pratiquera les examens suivants :

  • doppler de la carotide ;
  • électrocardiogramme ;
  • analyses sanguines ;
  • imagerie cérébrale.

D'autres examens pourront compléter les résultats en fonction de la cause probable retenue :

  • ponction lombaire ;
  • recherche de toxiques dans le sang ;
  • électro-encéphalogramme...

Traitement et prévention

Le premier des traitements mis en place sera un traitement antithrombotique, à base d'aspirine ou d'anticoagulants.

En cas de blocage important au niveau d'une carotide (au moins 70%), une intervention chirurgicale pourra être envisagée.

Ensuite, les traitement seront avant tout tournés vers la prise en charge des facteurs de risque :

  • contrôle de l'hypertension artérielle, du diabète, du cholestérol ;
  • mise en place de mesures d'hygiène de vie et de diététique.

Par ailleurs, les troubles dépressifs sont fréquents dans les suites d’un accident vasculaire cérébral, bien souvent consécutif à un AIT.

Diagnostics différentiels

Une fois infirmé le diagnostic d'accident ischémique transitoire, on peut penser à différentes autres pathologies : des affections neurologiques (migraines avec aura, épilepsie focale,…), ou non neurologiques (troubles métaboliques, sources ORL…), des cas de cécité monoculaires transitoires (glaucome aigu, thrombose de la veine centrale de la rétine…).

En tant que « mini-AVC », l'AIT est une urgence médicale qui doit conduire d'urgence à l'hôpital. C'est, dans 30 % des cas environ, un avertissement de survenue d'un accident vasculaire cérébral qui pourrait laisser des séquelles importantes et graves ; c'est pourquoi, il doit être rapidement exploré. Pour autant, du fait de la régression complète des symptômes, l'AIT a un très bon pronostic.

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