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« Apoplexie » est un terme désuet, qui désignait auparavant l'Accident Vasculaire Cérébral (AVC). Il définissait de manière générale une suspension brutale, plus ou moins complète, des fonctions cérébrales.

L'Accident Vasculaire Cérébral est une attaque cérébrale qui touche dans 75 % des cas des personnes de plus de 65 ans, même si tout le monde peut être touché, des enfants aux personnes plus âgées. C'est une pathologie fréquente, grave, dont la prise en charge doit être très précoce pour éviter les complications et limiter les séquelles. On fait le point.

Apoplexie : quelques chiffres

Dans les pays insudtrialisés, l'AVC constitue la première cause de handicap acquis et la troisième cause de décès, après les accidents coronariens et les cancers.

En France, on recense entre 100 000 et 145 000 AVC par an, avec 15 à 20 % de décès au terme du premier mois et 75 % de patients survivant avec des séquelles (Ministère de la Santé, 2008). Dans le monde, on recense 12 millions d'AVC par an, et ce chiffre pourrait augmenter de 28 % entre 2000 et 2020 à cause du vieillissement de la population (OMS).

Le chiffre important à retenir également est : 4h30. C'est le délai maximum pour traiter un AVC. Or, seulement 2 % des personnes arrivent à temps à l'hôpital ! Par ailleurs, en 2009, une étude française (Recanalise) a montré que 93 % des patients ayant subi un AVC guérissent si l'on parvient à les traiter dans un délai de 3h30.

Qu'est-ce que l'apoplexie ?

L'Accident Vasculaire Cérébral correspond à un trouble circulatoire cérébral brutal. Le cerveau n'est plus suffisamment approvisionné en oxygène et en nutriments.

Le trouble peut être de courte durée et avec une récupération complète, il s'agit alors d'un accident ischémique transitoire. Il ne faut surtout pas le négliger, car c'est un signal d'alerte fort de l'AVC. Mais il peut également s'agir d'un trouble qui dure et là, l'urgence est encore plus grande.

Il existe 2 sortes d'Accidents Vasculaires Cérébraux :

  • l'AVC ischémique (environ 80 % des AVC) : il est causé par le blocage d'une artère cérébrale ;
  • l'AVC hémorragique (environ 20 % des AVC) : il est causé par une hémorragie cérébrale.

AVC ischémique

L'AVC ischémique se produit lorsqu'un caillot bloque une artère cérébrale.

Dans 40 à 50 % des cas, c'est un caillot dû à l'athérosclérose qui bloque l'artère. On parle alors de "thrombose cérébrale".

Dans 30 % des cas, le caillot qui bloque l'artère s'est formé ailleurs et a été transporté par la circulation sanguine jusqu'au cerveau, il provient souvent du coeur ou d'une artère carotide. On parle alors d'"embolie cérébrale".

AVC hémorragique

C'est la forme d'AVC la plus grave. Le plus souvent dû à une rupture d'anévrisme. Il est souvent causé par une hypertension de longue date, mais peut également faire suite à la rupture d'une artère du cerveau où se situe un anévrisme.

Facteurs de risque

La cause principale d'accident vasculaire cérébral est l'hypertension artérielle (INSERM). Viennent ensuite différents facteurs de risque, souvent liés à l'hygiène de vie.

Ils sont classés en catégories suivant leur possible implication :

Dans 20 % des cas, on ne réussit pas à déterminer la cause de l'Accident Vasculaire Cérébral. Il existe également un dernier cas particulier : l'AVC pédiatrique.

Apoplexie : quels symptômes ?

Il est très important de reconnaître les premiers signes d'un accident vasculaire cérébral ou d'un accident ischémique transitoire, car un diagnostic et une prise en charge précoces (dans les 4h30 suivant l'accident) sont indispensables.

Aussi, devant l'un des signes suivants, il faut

  • appeler immédiatement les secours : 15, 112 ou 114, numéro d’appel d’urgence pour les sourds et malentendants (accessible par SMS, fax, l’application « Urgence 114 » ou le site internet www.urgence114.fr) ;
  • allonger le patient et ne surtout rien lui donner à boire et à manger.

Les signes qui doivent alerter sont :

  • un engourdissement du visage ;
  • une perte de force ou de sensibilité d'un membre supérieur ou inférieur ;
  • des troubles de la sensibilité ;
  • des troubles de la parole, de la déglutition, de la vue, de la compréhension ;
  • des difficultés de coordination des mains ;
  • des vertiges, pertes d'équilibre ;
  • des céphalées intenses, brutales et inhabituelles ;
  • des nausées, vomissements ;
  • des troubles de la conscience ;
  • dans des cas isolés : des crises d'épilepsie.

Une prise en charge hospitalière et très rapide est indispensable. Afin de confirmer le diagnostic d'AVC, le bilan médical comprend :

  • un examen médical pour évaluer l'atteinte neurologique et le niveau de conscience ;
  • un bilan d'imagerie médicale avec une IRM ou un scanner cérébral.

On pourra ainsi déterminer l'origine de l'AVC et l'importance de la zone détruite et de la zone récupérable grâce à un traitement d'urgence.

Traitement d'une apoplexie

Une prise en charge précoce limitera la gravité des séquelles.

Cette prise en charge peut passer par :

  • une thrombolyse pour dissoudre le caillot sanguin ;
  • l'administration de médicaments antiagrégants plaquettaires ;
  • parfois, l'administration d'anti-coagulants, notamment dans le cas de fibrillation auriculaire ;
  • une intervention chirurgicale peut être nécessaire afin d'enlever une plaque d'athérome ou de corriger une malformation artério-veineuse.

Il faudra, par ailleurs :

  • apporter une correction aux facteurs de risque cardiovasculaires ou des maladies pouvant générer un AVC ;
  • suivre une rééducation (ergothérapie, orthophonie...) pour éviter l'apparition de nouvelles complications, récupérer les fonctions perdues et utiliser au mieux les fonction restantes.

Concernant l'Accident Vasculaire Cérébral, chaque minute compte ! La prise en charge doit être immédiate, afin de limiter les lésions et les séquelles qui pourraient en découler. Devant un signe précurseur, une seule réaction possible : appeler les secours.

Aujourd'hui, le nombre d'AVC est élevé : 1 toutes les 4 minutes en France. Et compte tenu du vieillissement de la population, le pourcentage de personnes touchées augmente. Aussi faut-il rester particulièrement vigilant. De nombreux programmes d'éducation ont été mis en place à travers le monde.

Pour en savoir plus :

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