Séquelles d'un traumatisme crânien

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Les traumatismes crâniens sont fréquents dans la vie quotidienne mais seuls les plus sévères entraînent des lésions au niveau du cerveau. Notre article va vous permettre de faire le point sur l'origine et les séquelles d'un tel traumatisme.

Qu'est-ce qu'un traumatisme crânien ?

On appelle traumatisme crânien (TC), tout choc reçu au niveau du crâne. Les principales causes de TC sont les accidents de la voie publique, les accidents de sport, les agressions, les suicides, etc. Deux causes prédominent :

  • les chutes, surtout chez les plus âgés ;
  • les accidents de la route, surtout chez les plus jeunes, les TC étant plus graves dans ce cas.

Les personnes les plus à risque sont les hommes, les enfants de moins de 4 ans, les jeunes adultes (15-24 ans) et les 65 ans et plus. De même, les TC sévères sont plus fréquents chez les hommes et représenteraient une des premières causes de mortalité et d'invalidité chez les 15-25 ans ainsi que chez les jeunes enfants.

Un TC peut entraîner deux sortes de lésions :

  • l'étirement ou le cisaillement des axomes (fibre nerveuse des neurones qui conduit l'information électrique) provoqués par l'accélération et la décélération du cerveau ;
  • des contusions plus localisées qui provoquent des hématomes liés à l'impact du cerveau contre la boîte crânienne.

Conséquences d'un traumatisme crânien

Suivant la gravité des lésions, le TC peut se révéler léger, modéré ou sévère :

  • TC léger et modéré (commotion cérébrale) : perte de connaissance brève et passagère avec une perte de mémoire, des instants avant et après le choc (amnésie post-traumatique) qui finit par s'estomper après quelques heures ou quelques jours (dans 80 % des cas).
  • TC sévère : coma dont la profondeur est évaluée le plus souvent par l'échelle de Glasgow (échelle de mesure du coma). Pour un TC sévère le score obtenu est inférieur ou égal à 8/15. La phase de coma peut durer plusieurs heures ou plusieurs jours.

À la sortie du coma, le patient peut présenter de nombreuses séquelles, notamment motrices : hémiplégie, tétraplégie selon la gravité, troubles de l'équilibre, difficultés pour déglutir avec risque de fausses routes et sensorielles : perte ou diminution du goût, de l'odorat, de la vision.

Des séquelles cognitives sont aussi présentes : c'est ce qu'on appelle le « handicap invisible » qui mêle les troubles suivants et une grande lenteur et fatigabilité :

  • Troubles du langage et de la communication : le patient cherche beaucoup ses mots (manque du mot), passe du coq à l'âne, perd le fil du discours, éprouve des difficultés à suivre une conversation à plusieurs, ne comprend plus l'humour ou l'ironie.
  • Troubles de la mémoire : ils sont souvent sévères et persistants. Les patients peuvent présenter particulièrement des difficultés pour apprendre de nouvelles informations (troubles de la mémoire antérograde). La mémoire immédiate et la mémoire à long terme peuvent également être touchées.
  • Troubles des fonctions exécutives : ils sont liés à un dysfonctionnement du lobe frontal et sont très fréquents et invalidants. Ils entraînent des difficultés d'attention simple et divisée, de planification, de raisonnement, de logique, d'inhibition, de mémoire de travail.
  • Troubles du comportement : le patient ne contrôle plus son comportement et peut être apathique, ralenti (il éprouve des difficultés pour prendre des initiatives) ou bien au contraire présenter une désinhibition et une perte des normes sociales (le patient peut se montrer agressif voire violent). Ces troubles du comportement sont très perturbants pour la famille et les proches qui ne reconnaissent plus la personnalité du patient.

Pour les cas les plus graves, le patient sort du coma mais ne retrouve pas un état d'éveil suffisant pour communiquer ou prendre conscience de son environnement. On appelle cet état « état végétatif » (éveil non répondant) ou « pauci-relationnel » (le patient répond partiellement).

Des crises d'épilepsie peuvent apparaître plus tardivement. Par ailleurs, une étude montre que les adolescents ayant été victimes d'un traumatisme crânien présentent un risque augmenté de 22 % de développer une sclérose en plaques plus tard dans leur vie.

De même, les TC augmenteraient les risques de démence et de maladie d'Alzheimer (+ 22 % avec un seul TC à + 183 % avec 5 TC ou plus). On constate aussi qu’un TC sévère unique augmente le risque de démence de 35 % alors qu’un TC de sévérité modérée l’augmente de 17 %. Par ailleurs, plus le TC survient tôt dans la vie, plus le risque de démence s'élève. Enfin, les hommes ayant subi un TC présentent légèrement plus de risque que les femmes de développer une démence.

Traumatisme crânien : prise en charge

La prise en charge s'effectue dans un premier temps à l'hôpital où le patient est pris en charge par une équipe pluridisciplinaire (médecins, infirmiers, kinésithérapeutes, ergothérapeutes, psychologues, diététiciens, assistantes sociales, orthophonistes, etc.).

Tous ces professionnels vont prendre en charges les difficultés motrices, sensorielles, cognitives, comportementales et l'orientation à la sortie de l'hôpital. Plus spécifiquement, l'orthophoniste va s'occuper (à l'hôpital puis souvent en libéral) des troubles cognitifs.

Le rôle de l'orthophoniste commence au chevet du patient, dès son réveil afin d'établir son degré de vigilance. Il intervient également au niveau de la famille pour les questionner sur le mode de vie et les centres d'intérêt du patient avant l'accident afin de s'en servir ultérieurement.

Lorsque le patient est sorti de la phase d'amnésie post-traumatique (période durant laquelle le patient est confus, désorienté et amnésique) l'orthophoniste peut effectuer un bilan complet des fonctions cognitives : attention, mémoire, communication, voix, déglutition, langage oral, langage écrit, etc.

La rééducation se base sur les difficultés révélées pendant le bilan. La durée de la prise en charge des TC sévères est très longue (plusieurs années). La récupération est rapide les 6 premiers mois puis les progrès sont plus lents.

Pour chaque rééducation, on observe 3 phases :

  • une phase de rééducation qui vise à réduire les difficultés ;
  • une phase de réadaptation où se met en place un nouveau projet de vie prenant en compte le handicap du patient ;
  • une phase de réinsertion qui permet d'établir un nouveau projet professionnel lorsque la reprise partielle du travail est possible.

Ces phases se font en partenariat avec de nombreux professionnels de santé et sont primordiales pour le patient et son entourage.

En effet, les séquelles d'un TC sévère ont un impact sur la vie quotidienne de toute une famille et peuvent fortement en perturber l'intégration sociale et professionnelle (perte d’emploi, de logement, ruptures des relations sociales et familiales) en raison des séquelles physiques et psychologiques importantes qui en résultent. Le patient, mais également ses proches, doit donc être entouré et soutenu.