Sommaire

Une embolie gazeuse est une embolie qui fait souvent son apparition en cas d’accident de décompression (on parle aussi de malade de décompression), comme cela arrive en plongée sous-marine. Il s’agit d’une situation dans laquelle des bulles de gaz sont présentes dans la circulation sanguine. Découvrez l’essentiel à savoir sur l’embolie gazeuse dans cet article.

Comprendre les embolies gazeuses en plongée

Quand la pression de l’air augmente (comme c’est le cas dans le cadre lors d’une plongée sous-marine notamment), la quantité d’oxygène et d’azote présente dans le sang augmente elle aussi en conséquence, proportionnellement. En temps normal, ces gaz sont dissous.

Toutefois, si la remontée d’un plongeur vers la surface est trop rapide, la pression ambiante exercée sur le corps va subitement baisser (suite à la forte compression subie au cours de la plongée). Si la différence entre l’air qui est présent dans les poumons et cette pression ambiante est trop importante, l’air intrapulmonaire peut rompre des alvéoles pulmonaires. L’air va alors s’échapper des poumons et pénétrer dans les vaisseaux sanguins sous forme de bulles de gaz. C’est ce qu’on appelle une embolie gazeuse.

D’autres gaz tels que le gaz carbonique, le protoxyde d’azote, l’argon et l’hélium peuvent être impliqués.

De même, si on ne respecte pas les paliers de décompression, l’azote présent dans l’air comprimé fourni par les bouteilles de plongée peut former des bulles dans les tissus et passer dans le sang.

On distingue :

  • l’embolie gazeuse veineuse : le gaz pénètre dans le système veineux, celui qui ramène le sang depuis les tissus jusqu’au cœur et aux poumons ;
  • l’embolie gazeuse artérielle : passage du gaz dans le réseau artériel, celui qui transporte le sang oxygéné depuis le cœur jusqu’au reste de l’organisme.

Dans les veines

Une fois ces bulles présentent dans la circulation veineuse, elles vont remonter jusqu’au cœur puis passer dans l’artère pulmonaire et dans les capillaires afin que les alvéoles pulmonaires puissent les éliminer. Toutefois, si les bulles sont trop volumineuses ou difficilement solubles (en fonction du gaz) elles vont perturber la circulation veineuse et entraîner un problème de drainage au niveau de l’organe.

Plus la perturbation engendrée est importante (plus les bulles gazeuses sont nombreuses et volumineuses), plus elles vont bloquer la circulation au niveau pulmonaire. Cela se traduit par une hypoxie (diminution de la quantité d’oxygène dans le sang) et une insuffisance cardiaque droite. Dans les situations extrêmes cela provoque un arrêt cardiaque.

Dans les artères

Dans la circulation artérielle, même de petites bulles de gaz (à partir de 200 µm de diamètre) suffiront à obstruer une artériole (fréquent au niveau cérébral). Elles entraîneront dans ce cas une nécrose du territoire concernée par l’artère obstruée puisque cette zone ne sera plus correctement vascularisée.

Par ailleurs, même si elles sont trop petites pour interrompre le flux sanguin, les bulles vont entraîner une inflammation au niveau de la paroi des vaisseaux et favoriser la formation d’un caillot sanguin qui va constituer un risque d’embole « classique »..

Embolie gazeuse : qui est concerné ?

Plongée sous-marine

Les embolies gazeuses sont des situations pathologiques rares qui surviennent essentiellement dans la plongée sous-marine lorsque le plongeur ne respecte pas les paliers de décompression lors de sa remontée. On parle d’accident de désaturation ou d’accident de décompression.

Caissons hyperbares

Ce phénomène peut également s’observer chez les personnes qui travaillent dans des caissons hyperbares (caissons pressurisés) comme par exemple ceux qui descendent dans les mines ou ceux qui percent les tunnels.

Domaine médical

Plus rarement, une embolie gazeuse peut également survenir dans le domaine médical (c’est dans ce cas un accident iatrogène) dans la mesure où de l’air pénètre dans la circulation sanguine suite :

Quelle que soit la situation, il s’agit d’une intervention au cours de laquelle un gaz sous pression est accidentellement injecté dans la circulation.

Embolie gazeuse : facteurs de risque en plongée

Certaines personnes qui font de la plongée présentent plus de risques que d’autres de présenter une embolie gazeuse si les conditions sont réunies (notamment le fait de remonter trop rapidement en surface).

C’est le cas :

  • chez celles qui présentent certaines malformations cardiaques ;
  • chez les personnes obèses ;
  • chez les personnes âgées ;
  • en cas de déshydratation ;
  • en cas de fatigue ;
  • en cas de plongée en eau froide ;
  • en cas de plongée en profondeur (augmentation de la pression) ;
  • en cas d’augmentation du temps passé en eaux profondes ou de plongées répétées au cours de la même journée.

Symptômes d’embolie gazeuse

Une embolie gazeuse va se traduire par des symptômes qui seront essentiellement d’ordre :

  • respiratoire (avec l’équivalent d’une embolie pulmonaire « classique » en cas d’embolie gazeuse veineuse) : toux, douleurs thoraciques, difficultés à respirer (parfois un syndrome de détresse respiratoire aigu) ;
  • circulatoire avec une hypotension ;
  • neurologique (les artères cérébrales sont parmi les plus facilement embolisées en cas d’embolie gazeuse artérielle et les symptômes seront identiques à ceux d’un AVC) : difficultés à réaliser des mouvements (troubles moteurs) avec une paralysie variable en fonction des territoires touchés, paresthésies (fourmillements dans les membres), syndrome vestibulaire, troubles de la conscience, convulsions.
Consulter la fiche pratique Ooreka

Toutefois les symptômes dépendent aussi en grande partie des vaisseaux sanguins qui vont être touchés.

Plus le temps passe, plus le système cardiovasculaire est mis en péril, l’organisme ne parvenant plus à fonctionner normalement. Par ailleurs, une embolie gazeuse dans les artères coronaires entraînera un arrêt cardiaque menant à la mort (une fois sur 5 000).

Étant donné son issue parfois fatale (c’est la principale cause de décès chez les plongeurs) on comprend l’importance de la prévention et de la nécessité de respecter scrupuleusement les paliers de décompression (procédure de désaturation) lors d’une séance de plongée sous-marine.

Prise en charge d’une embolie gazeuse

Le traitement de l’embolie gazeuse repose sur l’arrêt de la source du gaz et la mise en place d’une oxygénation hyperbare (sous haute pression) à réaliser en urgence. Elle consiste à placer le patient dans une chambre de pression dans laquelle lui sera administrée de l’oxygène à une pression supérieure à la pression atmosphérique. Cela permet de réduire la taille des bulles d’air à l’intérieur du corps et de restaurer la circulation normale du sang et l’oxygénation des tissus.

Le temps que le patient soit transféré dans un centre spécialisé équipé de ce type d’installation il sera mis sous oxygénothérapie à fort débit et réhydraté.

Le cas échéant des antiagrégants, des anticoagulants et/ou des anti-inflammatoires peuvent être nécessaires.

Ces pros peuvent vous aider