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Les fractures tibia-péroné (ou tibia-fibula en nouvelle nomenclature) sont des doubles fractures qui touchent essentiellement les sportifs. C’est une blessure très invalidante qu’il est toutefois possible de traiter chirurgicalement. Mais apprenons-en davantage sur les fractures tibia-péroné, leur traitement et leurs éventuelles complications.

Fracture du tibia-péroné : comment se caractérise-t-elle ?

Description

Les fractures tibia-péroné touchent simultanément le tibia et la fibula (ou péroné), les deux os qui relient le genou à la cheville et qui supportent le poids du corps. Ces deux os sont rattachés l’un à l’autre par une membrane interosseuse et par des ligaments à leurs extrémités supérieure et inférieure. C’est en raison du lien étroit entre ces deux os que les fractures de la jambe sont souvent doubles et les concernent tous les deux.

Causes

Les fractures tibia-péroné surviennent essentiellement à l’occasion d’une violente torsion telle qu’elles peuvent survenir lors d’une chute de ski. Elles peuvent aussi être dues à une compression ou à un choc direct particulièrement violent, dans un accident de voiture ou dans un atterrissage violent en parachute par exemple.

Symptômes

La survenue d’une fracture s’accompagne souvent du bruit d’une cassure, puis survient aussitôt une vive douleur. En effet, le principal symptôme d’une fracture du tibia et du péroné est une intense douleur. Elle entraîne une impotence fonctionnelle (impossible de marcher et de poser le pied par terre).

On observe également un œdème volumineux et le plus souvent une déformation de la jambe, surtout en cas de fracture déplacée. En général, sans que cela soit systématique, la jambe est raccourcie et le pied tourné vers l’extérieur.

En cas de fracture ouverte, l’os brisé traverse la peau et le patient est parfois en état de choc (tachycardie, malaise, pâleur, etc.). Il s’agit d’une urgence médicale.

Fracture du tibia-péroné : diagnostic évident

Le diagnostic des fractures tibia-péroné est généralement assez aisé. En effet, outre les symptômes très significatifs (a fortiori en cas de fracture ouverte), le médecin n’aura aucun mal à poser le diagnostic s’il y a une notion de traumatisme.

Le médecin devra déterminer si des lésions associées sont présentes. Il pourra ainsi rechercher si le pouls au niveau de la cheville présente une anomalie, ce qui pourrait traduire une atteinte des vaisseaux, ou si le patient éprouve des difficultés à bouger les orteils, ce qui pourrait indiquer que des nerfs sont lésés.

Si des radiographies se révèlent utiles (notamment pour repérer avec précision le siège de la fracture et déterminer si elle est multiple ou complexe), elles pourront dans ce cas être complétées par une tomodensitométrie qui permettra de visualiser une éventuelle atteinte des tissus mous environnants.

Traitement orthopédique et chirurgical des fractures tibia-péroné

Le traitement des fractures tibia-péroné dépend de la complexité de la fracture. Toutefois, le traitement orthopédique est assez peu adapté aux doubles fractures qui nécessiteront surtout un traitement chirurgical dans un service d’orthopédie.

En cas de fracture multiple

Avec déplacement osseux ou en cas de fracture ouverte, on procède à une intervention chirurgicale. On réalise une ostéosynthèse en mettant en place :

  • soit des plaques vissées à l’intérieur de la jambe, soit des fixateurs externes fixés perpendiculairement à l’os pour une période de 9 à 18 mois en cas de fracture ouverte ;
  • soit, le plus souvent, un clou centro-médullaire (tige en acier qui traverse l’os en son centre sur toute sa longueur) en cas de fracture interne (non ouverte) : dans ce cas, le patient peut remarcher au bout de trois mois et on retire le clou environ 18 mois plus tard.

En cas de fracture simple

Sans déplacement osseux, le traitement consiste à réduire la fracture (c’est-à-dire à réaligner les os) et à maintenir les os en place avec un plâtre qui va du pied à la cuisse, le temps qu’ils se consolident (entre 6 et 12 semaines en moyenne) et avec interdiction de prendre appui dessus.

Soins liés au traitement orthopédique

Un traitement anticoagulant doit accompagner la pose du plâtre et l’immobilisation de la jambe pour éviter les phlébites et les embolies.

Suite à ce traitement, et lorsque le plâtre aura été retiré ou 3 mois après l’intervention, on pourra recommencer à mobiliser la jambe. Encore 6 semaines plus tard, on peut procéder à une rééducation auprès d’un kinésithérapeute.

Cette étape est indispensable pour retrouver de la force musculaire (qui est fortement diminuée après plusieurs semaines d’immobilisation), une bonne amplitude articulaire et afin de lutter contre la raideur. La rééducation suite à une fracture tibia-péroné est généralement assez longue même si, à terme, elle permet une bonne récupération, sans séquelles.

Complications possibles liées aux fractures tibia-péroné

Dommages collatéraux

Le traumatisme responsable de la fracture tibia-péroné risque d’avoir également lésé les tissus environnants. Ainsi, les muscles, les nerfs (notamment le nerf fibulaire externe, issu du nerf sciatique, en cas de fracture proche du genou) et les vaisseaux de la jambe vont eux aussi avoir vécu ce choc. S’ils sont touchés, la cicatrisation ou la réparation peut être longue et incomplète avec une paralysie partielle.

Risques d'infections ou d'hémorragie

Par ailleurs, comme après toute intervention chirurgicale, des risques de complications, infectieuses et hémorragiques notamment, existent. C'est tout particulièrement vrai en cas de fracture ouverte et avec des fixateurs externes qui peuvent constituer une porte d’entrée pour des germes pathogènes.

En revanche, la pose d’un clou centro-médullaire limite ce type d’infection. La consolidation osseuse a parfois du mal à s’effectuer (pseudarthrose en l’absence de consolidation au bout de 6 mois) et il est dans ce cas nécessaire de ré-opérer.

Autres affections

Peut également apparaître un syndrome des loges, c’est-à-dire une compression des vaisseaux sanguins par un hématome et un œdème au niveau du mollet. Ce trouble très douloureux bloque la circulation sanguine et doit donc être opéré en urgence. Enfin, si la consolidation de la fracture s’effectue dans une mauvaise position on peut retrouver un cal vicieux.

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