Bloc auriculo ventriculaire (BAV)

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Perturbation du rythme cardiaque, le bloc auriculo-ventriculaire (ou BAV) est une pathologie aux symptômes et aux étiologies assez larges. Ralentissement de la conduction électrique entre oreillettes et ventricules, le bloc auriculo-ventriculaire peut aller jusqu'à la mort subite dans les cas les plus graves. Il doit donc être très sérieusement pris en charge en cas de découverte fortuite ou suite à une syncope. Un suivi cardiologique régulier devra être mis en place en cas de chronicité et/ou d'implantation de stimulation électrique définitive. Faisons le point sur le sujet.

Bloc auriculo-ventriculaire : que faut-il savoir ?

Le rythme cardiaque prend naissance au niveau du nœud sinusal, regroupement de cellules nerveuses situées dans la paroi de l'oreillette droite. Le cœur crée une excitation qui, grâce au nœud sinusal, progresse vers un autre nœud (le nœud Aschoff Tawara) puis le reste du cœur.

Le tissu du cœur propage les influx électriques et synchronise les mouvements des différentes parties du cœur. Le rythme cardiaque normal — ou rythme sinusal — est compris, dans la majorité des cas, entre 60 et 90 battements par minute.

Un BAV est une perturbation (retard ou déficit) de la conduite de l'influx électrique entre les oreillettes et les ventricules. Il existe différents types de BAV :

  • Le BAV du premier degré où les impulsions sont conduites aux ventricules mais avec un temps de conduction plus long.
  • Le BAV du second degré : le rythme sinusal est régulier mais toutes les impulsions ne sont pas conduites aux ventricules. Il existe le BAV du second degré de type Mobitz I et le BAV du second degré de type Mobitz II qui graduent ce stade en terme de gravité.
  • Le BAV du troisième degré ou BAV complet. Aucune impulsion n'est conduite aux ventricules.

On distingue également le bloc auriculo-ventriculaire aigu qui régresse complètement et le bloc auriculo-ventriculaire chronique qui correspond à des lésions persistantes.

Causes et symptômes du bloc auriculo-ventriculaire

Les causes du bloc auriculo-ventriculaire sont nombreuses et sont à rapprocher du type de BAV. Dans le cas d'un BAV aigu, on peut avoir les causes suivantes :

  • infarctus du myocarde ;
  • causes inflammatoires et infectieuses (endocardite, rhumatisme articulaire aigu, maladie de Lyme, diphtérie, myocardites cardiaques...) ;
  • suites post-opératoires d'interventions cardiaques ;
  • médicaments en surdosage (β-bloquants, digitaliques, amiodarone...).

Dans le cas de BAV chronique, on peut citer les BAV congénitaux que l'on découvre souvent à la naissance, potentiellement associés à une cardiopathie congénitale, le BAV dégénératif par fibrose (ou maladie de Lenègre) et toutes les cardiopathies, car celles-ci peuvent toutes s'accompagner de BAV : rétrecissement aortique calcifié, myocardiopathies, spondylarthrite ankylosante.

Le BAV peut être totalement asymptomatique et découvert fortuitement. Mais il peut aussi s'exprimer par la survenue de syncopes (syndrome de Stokes-Adams). Ces syncopes peuvent se répéter et, lorsqu'elles se prolongent, entraîner des lésions cérébrales irréversibles, voire une mort subite.

Les équivalents mineurs de la syncope sont la lipothymie, le malaise, la sensation de tête vide, de voile noir devant les yeux.

Bloc auriculo-ventriculaire : diagnostic et traitement

L'examen de référence est l'électroencéphalogramme (EEG), on peut le compléter par un enregistrement holter sur 24 ou 48 heures mais dans le cas de BAV aigu, on ne pourra pas forcément enregistrer le bloc auriculo-ventriculaire. L'exploration électrophysiologique est utile pour orienter le diagnostic, une sonde est introduite par une veine du pli de l'aine et montée jusqu'au cœur.

La mise en place du traitement se fait en fonction du type de BAV. On distingue le traitement aigu et le traitement de fond de la maladie. Il existe un traitement à base de médicaments (isoprénaline), sinon, le traitement de référence est l'implantation d'un pacemaker (provisoire ou définitif en cas de type III ou de BAV chronique). En cas d'infarctus du myocarde, on effectuera un massage cardiaque puis une électrostimulation.

Suite à la prise en charge d'un bloc auriculo-ventriculaire, on assiste à la régression de manifestations paroxystiques, à l'amélioration d'une insuffisance cardiaque ou à l'annulation du risque de mort subite. Le cardiologue effectuera ensuite un suivi régulier de son patient.

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