Sommaire

Vous avez peut-être déjà eu vous-même les membres inférieurs gonflés, symptôme plus communément nommé « œdème ». Il s’agit d’une forme courante d’hyperhydratation. Voyons ensemble les mécanismes qui en sont responsables.

Hyperhydratation : généralités sur l'hydratation du corps humain

L’eau représente 60 % du poids du corps humain. Il est recommandé de boire, chaque jour, 2 litres d’eau pour l’homme et 1,6 l pour la femme. Nos apports en eau proviennent de ce que l’on boit et de ce que l’on mange.

Ces apports doivent chaque jour compenser nos pertes hydriques par la miction (les urines), la défécation (les selles) et la sudation (la transpiration).

Parfois, il arrive que le bilan hydrique (différence apports/pertes) ne soit pas équilibré. La soif est la sonnette d’alarme de la déshydratation. L’hyperhydratation, elle, ne se manifeste pas de manière aussi évidente. Les symptômes varient selon l’endroit où l’eau s’accumule.

Les différents types d'hyperhydratation

L’hyperhydratation extra-cellulaire est plus fréquente que l’hyper-hydratation intracellulaire. Décryptons ensemble ces deux types d’hyperhydratation.

Hyperhydratation extra-cellulaire : quand l’eau s’accumule en dehors des tissus

L’hyperhydratation extra-cellulaire (HEC) est liée à une défaillance du cœur, du rein ou du foie. Ce type d’hyperhydratation s’installe en général sur quelques jours à quelques semaines.

Les symptômes sont dominés par les œdèmes : les membres inférieurs et parfois d’autres parties du corps sont gonflés et mous, de telle sorte qu’un doigt appuyé y laisse son empreinte. Les autres symptômes sont inconstants : prise de poids, hypertension artérielle, fatigue intense, essoufflement à l’effort. Dans le cas d’une insuffisance cardiaque, la pompe de la circulation sanguine que constitue le cœur est défaillante : l’eau stagne dans les vaisseaux et autour des tissus.

Le mécanisme d’une HEC secondaire à un dysfonctionnement du rein ou du foie est lié à la diminution du taux sanguin de protéines. L’eau sort des vaisseaux et stagne autour des tissus car elle n’a plus à équilibrer les protéines :

  • cirrhose hépatique sévère : le foie ne fabrique plus assez de protéines ;
  • syndrome néphrotique : le rein malade perd beaucoup trop de protéines dans les urines.

Le traitement d’une HEC repose sur une limitation de l’apport en eau, un régime pauvre en sel et éventuellement un traitement anti-diurétique. Une hospitalisation est parfois nécessaire. En l’absence de traitement, le surplus d’eau pénétrera les tissus réalisant une hyperhydratation globale, extra et intra-cellulaire.

Accumulation d'eau dans les tissus ou hyperhydratation intra-cellulaire

En dehors d’une hyperhydratation globale, l’hyperhydratation intra-cellulaire (HIC) correspond à un déséquilibre du bilan hydrique. Elle s’accompagne toujours d’une hyponatrémie (défaut de sel) à la prise de sang.

Les signes d’une hyperhydratation sont d’abord digestifs : nausées, vomissements, dégoût de l’eau. Lorsqu’elle est profonde, l’hyperhydratation peut engendrer des maux de tête ou des troubles neurologiques, voire même un coma.

Les causes d’une HIC sont les suivantes :

  • en cas d'augmentation des apports d’eau : potomanie, syndrome des buveurs de bière, syndrome « tea and toast » ;
  • lors d'une diminution des pertes d’eau : excès d’hormone anti-diurétique (HAD), encore appelée Vasopressine, dans des conditions particulières de type cancers, AVC, infections graves, prise médicamenteuse, grossesse compliquée ;
  • dans le cas particulier d’HIC lié à un état de déshydratation sévère : le corps garde son eau pour les cellules.

Le traitement d’une HIC repose sur la restriction hydrique voir sur l’utilisation de diurétiques. En cas d’œdèmes ou de symptômes à type de nausée, maux de tête inhabituels, consultez votre médecin traitant, celui-ci saura vous orienter.