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En France, près de 60 000 nouveaux patients sont concernés chaque année par la pose d'un stimulateur cardiaque, également appelé « pacemaker » ou pile cardiaque. Un point s'impose sur le fonctionnement du stimulateur cardiaque et les précautions à prendre.

Qu'est-ce qu'un stimulateur cardiaque ?

Un stimulateur cardiaque est un appareil qui sert à stimuler le cœur lorsque la fréquence cardiaque, c'est-à-dire le nombre de battements par minute devient insuffisant pour permettre à l'organisme d'être correctement oxygéné et donc de ne pas être en souffrance. Il aide ainsi le cœur à rétablir un rythme cardiaque normal. Il est constitué d'un petit boîtier et d'une ou plusieurs sondes. Il pèse environ 28 g :

  • Le boîtier contient des circuits électroniques, il est similaire à un mini ordinateur contenant des programmes et les paramètres de surveillance propres à chaque patient, alimenté par une pile. La durée de vie de la pile varie en fonction de sa capacité et de la fréquence de déclenchements des stimulation. Une bonne programmation potentialisera sa durée de vie.
  • Les composants électroniques vont analyser le rythme cardiaque du patient et lorsque celui-ci devient insuffisant par rapport à un seuil déterminé par le cardiologue (souvent de l'ordre de 60 battements par minute), ils déclenchent une stimulation électrique qui détermine alors un battement cardiaque.
  • Les stimulateurs sont aujourd'hui dotés d'une mémoire qui permet, lors des consultations de suivi, de voir l'historique des anomalies du rythme cardiaque et les déclenchements de la pile au cours de la période qui a précédé la consultation. Les stimulateurs sont généralement garantis 4 ans mais peuvent durer 5 voire 7 ans et parfois plus.
  • Le boîtier est généralement implanté sous la peau dans la zone située juste en dessous de la clavicule, en avant du muscle pectoral. Il est rarement installé en arrière du pectoral, si c'est le cas, on parle d'implantation rétro-pectorale.
  • La sonde de stimulation contient des fils conducteurs qui permettent la transmission d'une impulsion électrique au muscle cardiaque. Elle est donc d'un côté connectée au boîtier et de l'autre au muscle cardiaque. Pour relier le cœur, la sonde passe par voie veineuse, pour cela il est possible d'utiliser la veine sous-clavière, la veine jugulaire ou la veine céphalique.

En fonction des troubles électriques du cœur, le cardiologue proposera soit un stimulateur mono-chambre (cela représente environ 25 % des cas) c'est-à-dire doté d'une seule sonde placée dans le ventricule droit, soit un stimulateur double chambre (dans environ 70 % des cas), doté de deux sondes, l'une placée dans le ventricule droit et l'autre dans l'oreillette droite ou un stimulateur triple chambre (5 % des cas) à trois sondes, l'une placée dans l'oreillette droite, l'autre dans le ventricule droit et la troisième dans le ventricule gauche. Cette dernière sonde permet la resynchronisation entre le ventricule gauche et le ventricule droit. Ces sondes sont dites endocavitaires.

Chez l'enfant, les médecins utilisent plutôt des sondes épicardiques qui ne passent pas par voie veineuse mais s'implantent directement sur la paroi externe du muscle cardiaque, afin de préserver le capital veineux de l'enfant.

Stimulateur cardiaque : pour qui ?

La stimulation cardiaque fait partie du traitement standard en cas de rythme cardiaque très lent, la bradycardie, lorsque les traitements curatifs usuels sont insuffisants ou lorsque le risque d'une récidive de bradycardie importante est trop élevé.

Habituellement, le cœur se contracte sous l'effet d'une stimulation électrique produite par le cœur lui-même. Le courant électrique naît en un point précis du cœur au niveau du nœud sinusal ou nœud de Keith et Flack situé au sommet de l'oreillette droite.

Puis, l'influx se propage dans les deux oreillettes provoquant leur contraction et se dirige vers la paroi qui sépare oreillette et ventricule au niveau du nœud auriculoventriculaire. Il se propage ensuite au niveau des ventricules du cœur par le faisceau de His et le réseau de Purkinje.

Les deux principales indications pour la pose d'un stimulateur cardiaque sont :

  • un patient qui présente des troubles au niveau du nœud sinusal : on parle de dysfonction sinusale ;
  • un patient qui présente des troubles au niveau de la jonction auriculo-ventriculaire et/ou au niveau du faisceau de His : on parle de bloc auriculo-ventriculaire ou BAV.

Précautions à prendre lorsqu'on est porteur d'un stimulateur cardiaque

La pose d'un stimulateur cardiaque permet de retrouver une vie tout à fait normale. Cependant, il faut éviter les interactions avec certains champs magnétiques qui pourraient déprogrammer le stimulateur et ainsi, soit désinhiber la thérapie, soit au contraire délivrer une thérapie non adaptée. Pour cela, il faut que le patient soit exposé à un champ magnétique puissant ou de façon prolongée à un champ magnétique de faible intensité.

Les personnes porteuses d'un stimulateur cardiaque doivent éviter l'utilisation de table à induction, utiliser leur téléphone portable en l'éloignant d'au moins 15 cm du stimulateur. Les radars, les moteurs thermiques en fonctionnement, les appareils de soudure à l'arc électrique sont à prohiber.

Il est également important de le signaler chez son dentiste, avant une chirurgie ou une imagerie par IRM...